La moustache

20 novembre 2011

Confession

Source: http://www.topito.com/

C’était un après-midi d’automne, c’était froid, pluvieux. J’étais maussade, trempée et je n’avais pas envie de combler mes responsabilités quotidiennes. J’étais stressée et débordée par toutes les tâches dont j’étais obligée de m’acquitter. C’était un de ses après-midi où tout va mal, j’avais cette énorme boule de stress dans la gorge et dans la tête, c’était horrible. Mon contact avec les autres était uniquement de la friction et du malaise. Je n’arrivais pas à être agréable avec les autres et je voyais les signes de la colère sur le visage de ceux qui n’avaient pas le choix de passer l’après-midi avec moi. C’était l’un de ces jours où rien ne va, mon visage était criblé de boutons bien visibles, j’avais les yeux tombants qui témoignaient mon flagrant manque de sommeil, mes cheveux étaient en boule et tout mêlés. Je n’avais même pas eu le temps de prendre ma douche avant de démarrer cette journée infernale.

J’étais en train de courir dans les corridors puis j’entends la douce voix de cet homme qui fut mon mentor pendant une période incertaine de ma vie. Sa voix me fit frissonner et le sourire agrippa mes lèvres. Dans cette pièce, il y avait tous ces gens qui voulaient savoir comment j’allais, ils s’intéressaient à moi. J’étais si heureuse de voir ces gens, mais j’étais si peu présentable et totalement désagréable. Je n’avais que le temps de déposer un formulaire pour profiter de la présence éclair de ces gens. Pendant que j’informais le groupe de quelques éléments sur ma vie, l’homme me demanda honnêtement comme j’allais. Je n’avais pas encore pris la peine de le regarder, je n’osais pas le regarder de peur plus être capable de quitter son regard.  Je tourne la tête vers sa direction et je vis cette chose, cette énorme moustache qui trônait au milieu de son visage. Je rougis immédiatement, je ne pouvais plus regarder ailleurs, je fixais cette liasse de poils bruns.  J’étais tellement mal à l’aise, j’étais comme un homme qui n’arrive plus à décoller les yeux de la poitrine d’une femme. Je n’arrivais pas à faire mes habituelles blagues pour dissiper le malaise. J’aurais pu dire, oh, tu portes fièrement le MOvember. Non, rien. Que le silence dans la bouche. Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder la chose au visage. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien contenir cette moustache? Le goût du café? L’odeur de sa femme? Le reste de son déjeuner ?  L’odeur. Qu’est-ce que ça sent? Le goût. Qu’est-ce que ça goûte? Se faire embrasser par une moustache, qu’est-ce que ça fait? Mes yeux étaient pleins de questions, de dégoûts et d’envie. J’étais rouge, j’avais chaud, je ne pouvais pas m’empêcher de poser mes yeux sur le poil. Je ne sais pas même plus les paroles que j’ai échangées avec l’homme. J’ai coupé la conversation, j’ai quitté la pièce et j’ai accéléré le pas pour retourner à mes obligations.

, , , ,

Abonnement

Pour être à l'affût des nouvelles publications sur Crise de blogue.

Aucun commentaire pour le moment.

Laisser un commentaire